Morceaux De Choix
Nous ne sommes pas portés aux tours d'horizon culturels, mais nous avons décidé de vous proposer une liste de plaisirs créatifs du moment (films, livres, séries, musique) à la sensibilité PoloÀ part goûter le cake aux fruits de votre tante ou dénouer des kilomètres de guirlandes, les fêtes de fin d'année s'accompagnent aussi de quelques petites corvées plus ou moins agréables : le choix (puis l’emballage) des cadeaux ; espérer (prier !) qu’il y aura un magasin quelque part encore ouvert lorsque vous découvrirez immanquablement que vous avez oublié (une fois de plus) d’acheter de la sauce à la canneberge ; tenir votre langue en souriant pendant le réveillon.
Depuis ces dernières années, une nouvelle tâche pénible s’ajoute à tout ce cirque : passer au crible les meules de foin géantes du nom de Netflix, Amazon Prime, Apple TV+, etc., pour tenter de trouver quelques aiguilles précieuses et divertissantes : celles qui offrent un plaisir particulier qui vous donne envie de recommencer tout de suite à en trouver d'autres. Est-ce trop demander à cette période de l’année ?
N’ayez crainte, chers pèlerins fatigués en quête de gaieté. Voici quelques suggestions 100 % sans algorithme, rassemblées par des rédacteurs ayant la sensibilité que l’on s’attend à trouver dans les pages pixélisées de la Gazette Polo. Nous avons passé au peigne fin des douzaines d’applis et de données en ligne et sur papier, pour établir une liste de films, d’émissions, de séries et de livres qui, selon nous, pourraient vous tenir joyeusement compagnie pendant les derniers jours et les dernières heures de 2023.
Savourez ce festin offert à vos yeux, à votre cœur et à votre esprit - avec nos meilleurs vœux. En espérant que ces suggestions vous épargneront une dernière corvée avant l'arrivée des premiers flocons de neige. —John Ortved
Ceci n’est pas un conte de Noël… enfin pas exactement
Si vous êtes prêts à affronter le froid (et le prix de plus en plus exorbitant d’un billet de cinéma) cette année en famille, à condition que les enfants soient des adolescents, vous pourriez difficilement faire mieux que d'aller voir Winter Break. Du réalisateur oscarisé Alexander Payne (dont la maîtrise de l’adolescence et du dysfonctionnement a été prouvée avec L'Arriviste et The Descendants), c'est l’histoire d’un étudiant d'école préparatoire malchanceux (heureusement pour nous), Angus Tully, abandonné par ses parents dans son pensionnat isolé de la Nouvelle-Angleterre pendant les vacances de Noël sous la garde d’un professeur profondément grincheux joué par Paul Giamatti. Sur fond de guerre du Vietnam et de velours côtelés à profusion, c'est une comédie dramatique sur le passage à l’âge adulte portée par de belles performances et soulignée par des notions astucieusement biaisées sur la famille, l’amitié et les vacances et comment celles-ci peuvent tourner.
Vous aimerez peut-être aussi…
Si les classiques traditionnels de Noël ne sont pas de votre goût, vous êtes en bonne compagnie. Riez (encore) avec Bill Murray à son apogée, dans le rôle d’un cadre de télévision égoïste auquel rendent visite trois fantômes dans Fantômes en fête ; partez en voyage avec des histoires d'amour intercontinentales dans The Holiday, une comédie romantique charmante (c.-à-d. un casting délicieux, avec Cameron Diaz, Jack Black, Kate Winslet et Jude Law en tête d’affiche) ; réunissez la famille pour regarder la version de la réalisatrice Greta Gerwig du classique Les Filles du Docteur March de Louisa May Alcott, avec une distribution comprenant Timothée Chalamet, Saoirse Ronan et Emma Watson.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de Focus Features, Everett Collection et Columbia Pictures
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de Neon et Max
Vitesse et beauté
Le bien nommé Adam Driver apporte un charisme au fort accent italien et beaucoup de gravité à son interprétation d’Enzo Ferrari dans Ferrari de Michael Mann, qui raconte la passion du fondateur pour gagner les Mille Miglia, une course périlleuse de 1 000 miles à travers l’Italie, afin de sauver son entreprise au bord de la faillite. Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, Keanu Reeves est le narrateur de Brawn: The Impossible Formula 1 Story, une mini-série relatant le succès de Ross Brawn, dont l’équipe indépendante, en sous-effectif et sous-financée, a fait preuve d’innovation, de courage et de cœur pour remporter le championnat du monde 2009.
Vous aimerez peut-être aussi…
Un altro ? Découvrez la biographie du roi italien de l’automobile, du style et de la culture dans le documentaire Agnelli de HBO. Ou reprenez une tranche de Ferrari en suivant les outsiders américains qui affrontent leurs homologues italiens dans Le Mans '66. Parmi les classiques, il y a Gene Hackman dans French Connection et Steve McQueen dans Le Mans ou Bullitt, qui ont servi de modèles à d’innombrables thrillers automobiles (toujours rapides, mais plus « cool » que « furieux »).
Évasion (ou juste pour échapper à la belle-famille)
Morgan Freeman pourrait lire l’annuaire téléphonique et on serait fan. Dans La vie sur notre planète (produit par Steven Spielberg), l’acteur à la voix de velours raconte un voyage époustouflant, des centaines de millions d’années en gestation, de la lutte terrestre pour la survie, des premiers dinosaures d’antan aux guépards des plaines tanzaniennes d'aujourd'hui. Pour la distraction, la détente et le retour des fêtes, c'est une évasion de premier plan, de classe mondiale, quasiment du caviar.
Vous aimerez peut-être aussi…
Idéal également pour une escapade : Batman, le défi de Tim Burton. C'est le film de Noël que nous n’avions jamais demandé à voir : il y a Michelle Pfeiffer qui miaule, Christopher Walken dans le rôle d’un méchant et des pingouins propulsés par des fusées ; Minuit à Paris est une évasion dans l’évasion : Owen Wilson y vit son rêve d’être un Américain dans le Paris des années 1920 ; The Rumble in the Jungle, la bataille titanesque de Muhammad Ali et George Foreman au Zaïre, contient mille fois plus de suspense, de couleur et de drame que n'importe quel combat de MMA : le tout est capturé dans le documentaire oscarisé When We Were Kings ; l’église, le roi, le pape et beaucoup trop de femmes d’Henry VIII tombent sous l’emprise de Mark Rylance en Cromwell, dans le drame en costumes de la BBC, Dans l'ombre des Tudors.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de Netflix et PBS
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de HBO, DR1 et HBO
Une discussion politique acceptable à la table de réveillon
Les intrigues, les luttes intestines et les égos indomptables de Succession, mais avec une nation entière en jeu. C’est le niveau de tension (sans parler de l’humour, du jeu et des dialogues) que vous allez trouvez dans la série The Regime sur HBO. On y retrouve le producteur Will Tracy, dont les crédits comprennent The Menu et Succession, et Kate Winslet, qui joue le rôle de la dirigeante d’un pays européen sur le point de s’effondrer.
Vous aimerez peut-être aussi…
Encore de la politique avec brio dans le psychodrame Borgen - Une femme au pouvoir, centré sur la première femme Premier ministre du Danemark : la cruauté et le cynisme de Veep ne seraient pas appropriées aux fêtes de fin d'année s’il n'y avait pas la poésie en plus ; revenez au « -gate » original avec Robert Redford et Dustin Hoffman dans Les hommes du président ; quant à Tom Hanks, il sort le grand jeu et dégaine un charme parfaitement louche à Washington dans La guerre selon Charlie Wilson. Plus scandaleuses encore que la corruption politique d'American Bluff, sont les coupes de cheveux et peut-être quelques-unes des robes de Jennifer Lawrence, flanquées de costumes tout aussi époustouflants portés par Bradley Cooper, Christian Bale et Jeremy Renner, qui complètent le casting. Bernardo Bertolucci et son collaborateur, le directeur de la photographie Vittorio Storaro, sont au meilleur de leur forme et déploient les sommets de l’intrigue fasciste italienne, dans Le conformiste ; le biopic politique prend une tournure épique, avec l’aide de Sir Ben Kingsley et Candice Bergen, dans Gandhi, le film oscarisé de Richard Attenborough.
Guerre et paix
Pourquoi aimons-nous regarder des films de la Seconde Guerre mondiale pendant les fêtes ? Il est peut-être plus facile de suivre un conflit binaire : deux camps ; le bien et le mal ; le bon et le mauvais. Il est possible aussi que pendant les fêtes de fin d'année, bien installés dans notre confort et entourés de notre famille, nous nous sentions particulièrement éloignés de ces événements, ce qui rend notre gratitude d’autant plus palpable. Quelles qu’en soient les raisons, une nouvelle série documentaire, World War II: From the Frontlines, avec John Boyega en narrateur, est une aubaine pour les papas : des images d’archives améliorées mettent en lumière le conflit légendaire.
Photo publiée avec l'aimable autorisation de Netflix
Vous aimerez peut-être aussi…
Si vous préférez la fiction au documentaire, regardez Le tambour, une adaptation soignée et concise du roman de Günter Grass, lauréat du prix Nobel ; dans un style similaire, l'extraordinaire texture émotionnelle du roman Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro, adapté en film, crève l’écran avec des performances déchirantes d’Anthony Hopkins et d’Emma Thompson. Ralph Fiennes et Kristin Scott Thomas testent les limites de l’amour en temps de guerre dans Le patient anglais d’Anthony Minghella, magnifiquement adapté du roman poétique de Michael Ondaatje ; Ethan Hawke et sa bande de compatriotes épuisés et déchirés par la guerre trouvent un terrain d’entente la veille de Noël avec leur ennemi tout aussi épuisé dans Section 44 ; l’austérité, la terreur, la rigueur et la passion des résistants français sont extraordinairement captivantes dans L’armée des ombres, un film réalisé par Jean-Pierre Melville, qui a participé activement au mouvement clandestin français contre les nazis ; et Gary Oldman abandonne Gotham et offre une interprétation passionnée de Churchill pendant la crise de Dunkerque dans Les heures sombres.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation d’Amazon MGM Studios et de HBO
Tiré de la littérature
American Fiction est l’une des satires les plus attendues de cette saison : il s'agit du Tár de 2023. Épicé, caustique et truffé d’humour, le film a pour vedette Jeffrey Wright dans le rôle de Monk, un romancier raté frustré par ses collègues écrivains noirs et l’establishment qui profite de stéréotypes offensants, une situation difficile qui remonte aux débats entre Langston Hughes et James Baldwin. Après avoir écrit un roman comme une blague en signe de protestation, Monk doit vivre avec son succès inattendu : son livre raconte une histoire à rebondissements, hilarante et grinçante et les relations complexes qui sévissent parmi les membres de l'élite culturelle.
Vous aimerez peut-être aussi…
Ce film d’époque britannique est un drame romantique qui n’a peut-être jamais été aussi bien réalisé que dans l’interprétation oscarisée d'E.M. Foster : Howards End ; James McAvoy tremble et se raidit dans le rôle d’un médecin pendant le règne meurtrier d’Idi Amin dans Le dernier roi d'Écosse ; Leslie Howard et Wendy Hiller sont hilarants, ou ’ilarants comme dirait Eliza Doolittle, dans la version de Pygmalion (1938) ; les universitaires, les écrivains, les flirts de potaches et les petites villes universitaires sont tous vulnérables sous la plume de Michael Chabon, puis devant la caméra de Curtis Hanson, dans l'rrésistible et désopilant Wonder Boys, avec Michael Douglas, Frances McDormand et Robert Downey Jr. ; Everything Is Copy (Tout est copie) pour Nora Ephron, dans ce documentaire sur sa vie, touchant et amusant, réalisé par son fils ; Robin Williams et Glenn Close aident à explorer les limites et les dangers de l'art de la narration dans la remarquable adaptation du roman de John Irving Le monde selon Garpp (1982). Et une fois les enfants couchés, pourquoi ne pas terminer la soirée avec Catherine Deneuve dans Belle de Jour?
L'HEURE DE LA LECTURE
Puisque nous sommes sur le sujet de l'écriture, nous avons quelques recommandations de beaux livres pour s'évader sous les couvertures
Il est peut-être l’un des plus grands praticiens de l’impressionnisme, mais Claude Monet n’était aussi qu’un homme (compliqué). C’est ce qui ressort dans les moindres détails dans Monet: The Restless Vision, de Jackie Wullschläger, critique d’art en chef du Financial Times ; découvrez le bureaucrate par excellence et son influence infinie dans le livre de poche intitulé G-Man: J. Edgar Hoover and the Making of the American Century de Beverly Gage ; l’homme de lettres Will Schwalbe raconte en profondeur son amitié de toute une vie avec un ancien sportif universitaire et commando de marine dans We Should Not Be Friends ; des correspondances récemment découvertes construisent un nouveau portrait de Jackie Bouvier Kennedy dans Camera Girl de Carl Sferrazza Anthony ; les hauts et les bas d’une famille qui traverse la Grande Récession sont racontés de chacun de leurs points de vue dans le livre touchant et hilarant The Bee Sting de Paul Murray ; les bâtiments de la ville de New York prennent vie, avec des illustrations soignées et des détails incisifs, dans Modern New York: The Illustrated Story of Architecture in the Five Boroughs from 1920 to Present.
Sérieusement drôle
Dans le monde de la comédie, il y a de moins en moins de vrais géants, c’est pourquoi nous sommes reconnaissants envers Kevin Hart & Chris Rock: Headliners Only. Ce documentaire suit les deux maîtres du micro pendant une semaine à New York alors qu’ils se préparent pour un grand spectacle au Madison Square Garden ; ils reviennent sur les luttes et les succès de leurs débuts de carrière jusqu’à aujourd’hui, période pendant laquelle les deux hommes ont forgé un lien indéfectible. Bien plus qu’un simple récit biographique, le documentaire explore les détails de l'art de la comédie, puis prend du recul, de sorte que nous en arrivons à mieux comprendre les enjeux, depuis la façon dont une blague est construite jusqu'au rôle que joue la comédie elle-même. Mais rassurez-vous, c’est très drôle.
Photo publiée avec l'aimable autorisation de Netflix
Vous aimerez peut-être aussi…
Ayez de l’empathie pour tous les pauvres types qui ont dû rencontrer leurs beaux-parents, et vice versa, avec Mon beau-père et moi, de loin le rôle le plus drôle de Robert De Niro ; la sitcom familiale connaît une renaissance touchante et surprenante avec Pamela Adlon qui élève ses trois filles dans Better Things ; l’infiniment charmant Bill Murray a droit à une nouvelle chance de rectifier les choses, et une autre, et encore une autre, dans Un jour sans fin ; la comédie romantique loufoque a peut-être atteint son apothéose avec Indiscrétions, qui met en scène Katherine Hepburn, Cary Grant et James Stewart (que demander de plus ?) ; le jet-set après-ski et l’inspecteur Clouseau de Peter Sellers ont fait leur première et fabuleuse apparition dans le délicieux film burlesque La Panthère rose ; si les chutes sur les fesses vous amusent, regardez Le Kid, le classique de Charlie Chaplin (et découvrez l’histoire des plus grands acteurs comiques de l’ère du muet avec Chaplin vs. America, disponible ce mois-ci en librairie).
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation d’ITV, de Getty Images et de Paramount Pictures
C’est vraiment arrivé (probablement)
Vous cherchez quelque chose d’un peu plus proche de la réalité ? Asseyez-vous et riez aux éclats avec le très divertissant documentaire Albert Brooks: Defending My Life, une réflexion de Rob Reiner sur la carrière du comique et du réalisateur, avec des commentaires de David Letterman, Steven Spielberg, Jon Stewart, Larry David, etc. Ou revivez la naissance du New Journalism et des costumes blancs à grands revers, avec Radical Wolfe, un regard sur la carrière de Tom Wolfe, le Maître de l’Univers de l’épopée moderne, avec des interprétations de Jon Hamm. Enfin, la série Archie porte à l’écran l’histoire vraie d’Archibald Leach, mieux connu sous le nom de Cary Grant.
Vous aimerez peut-être aussi…
Le chic n’a jamais été aussi radical que lorsque le Studio 54 régnait sur l'univers des clubs, et son ascension et sa chute sont racontées avec des détails saisissants dans le documentaire du même nom de Matt Tyrnauer ; des hauts et des bas plus dramatiques (ceux du baron new-yorkais de la drogue Frank Lucas) prennent vie avec un brio incroyable (Russell Crowe et Denzel Washington !) dans American Gangster de Ridley Scott ; les hauts et les bas d’une autre scène de fête, et de son mécène au XVIIIe siècle, sont revisités avec sensibilité et sensualité par Sofia Coppola dans Marie Antoinette ; attachez votre ceinture pour suivre l’histoire épique que raconte Warren Beatty sur les aspirations politiques et la désillusion du journaliste de gauche John Reed et de Louise Bryant, relevées d'une bonne pincée de romantisme, dans Reds ; Mozart, la rock star originelle, boit et joue de la musique dans Vienne avec sang-froid, au grand dam d’un rival envieux, dans le somptueux Amadeus de Miloš Forman ; la crise financière de 2008 est expliquée, et racontée à l'écran, dans The Big Short : Le casse du siècle ; et Johnny Cash a droit à un film biographique exceptionnellement bien conçu dans Walk the Line.
Ceci n’est pas un conte de Noël… enfin pas exactement
Si vous êtes prêts à affronter le froid (et le prix de plus en plus exorbitant d’un billet de cinéma) cette année en famille, à condition que les enfants soient des adolescents, vous pourriez difficilement faire mieux que d'aller voir Winter Break. Du réalisateur oscarisé Alexander Payne (dont la maîtrise de l’adolescence et du dysfonctionnement a été prouvée avec L'Arriviste et The Descendants), c'est l’histoire d’un étudiant d'école préparatoire malchanceux (heureusement pour nous), Angus Tully, abandonné par ses parents dans son pensionnat isolé de la Nouvelle-Angleterre pendant les vacances de Noël sous la garde d’un professeur profondément grincheux joué par Paul Giamatti. Sur fond de guerre du Vietnam et de velours côtelés à profusion, c'est une comédie dramatique sur le passage à l’âge adulte portée par de belles performances et soulignée par des notions astucieusement biaisées sur la famille, l’amitié et les vacances et comment celles-ci peuvent tourner.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de Focus Features, Everett Collection et Columbia Pictures
Vous aimerez peut-être aussi…
Si les classiques traditionnels de Noël ne sont pas de votre goût, vous êtes en bonne compagnie. Riez (encore) avec Bill Murray à son apogée, dans le rôle d’un cadre de télévision égoïste auquel rendent visite trois fantômes dans Fantômes en fête ; partez en voyage avec des histoires d'amour intercontinentales dans The Holiday, une comédie romantique charmante (c.-à-d. un casting délicieux, avec Cameron Diaz, Jack Black, Kate Winslet et Jude Law en tête d’affiche) ; réunissez la famille pour regarder la version de la réalisatrice Greta Gerwig du classique Les Filles du Docteur March de Louisa May Alcott, avec une distribution comprenant Timothée Chalamet, Saoirse Ronan et Emma Watson.
Vitesse et beauté
Le bien nommé Adam Driver apporte un charisme au fort accent italien et beaucoup de gravité à son interprétation d’Enzo Ferrari dans Ferrari de Michael Mann, qui raconte la passion du fondateur pour gagner les Mille Miglia, une course périlleuse de 1 000 miles à travers l’Italie, afin de sauver son entreprise au bord de la faillite. Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, Keanu Reeves est le narrateur de Brawn: The Impossible Formula 1 Story, une mini-série relatant le succès de Ross Brawn, dont l’équipe indépendante, en sous-effectif et sous-financée, a fait preuve d’innovation, de courage et de cœur pour remporter le championnat du monde 2009.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de Neon et Max
Vous aimerez peut-être aussi…
Un altro ? Découvrez la biographie du roi italien de l’automobile, du style et de la culture dans le documentaire Agnelli de HBO. Ou reprenez une tranche de Ferrari en suivant les outsiders américains qui affrontent leurs homologues italiens dans Le Mans '66. Parmi les classiques, il y a Gene Hackman dans French Connection et Steve McQueen dans Le Mans ou Bullitt, qui ont servi de modèles à d’innombrables thrillers automobiles (toujours rapides, mais plus « cool » que « furieux »).
Évasion (ou juste pour échapper à la belle-famille)
Morgan Freeman pourrait lire l’annuaire téléphonique et on serait fan. Dans La vie sur notre planète (produit par Steven Spielberg), l’acteur à la voix de velours raconte un voyage époustouflant, des centaines de millions d’années en gestation, de la lutte terrestre pour la survie, des premiers dinosaures d’antan aux guépards des plaines tanzaniennes d'aujourd'hui. Pour la distraction, la détente et le retour des fêtes, c'est une évasion de premier plan, de classe mondiale, quasiment du caviar.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de Netflix et PBS
Vous aimerez peut-être aussi…
Idéal également pour une escapade : Batman, le défi de Tim Burton. C'est le film de Noël que nous n’avions jamais demandé à voir : il y a Michelle Pfeiffer qui miaule, Christopher Walken dans le rôle d’un méchant et des pingouins propulsés par des fusées ; Minuit à Paris est une évasion dans l’évasion : Owen Wilson y vit son rêve d’être un Américain dans le Paris des années 1920 ; The Rumble in the Jungle, la bataille titanesque de Muhammad Ali et George Foreman au Zaïre, contient mille fois plus de suspense, de couleur et de drame que n'importe quel combat de MMA : le tout est capturé dans le documentaire oscarisé When We Were Kings ; l’église, le roi, le pape et beaucoup trop de femmes d’Henry VIII tombent sous l’emprise de Mark Rylance en Cromwell, dans le drame en costumes de la BBC, Dans l'ombre des Tudors.
Une discussion politique acceptable à la table de réveillon
Les intrigues, les luttes intestines et les égos indomptables de Succession, mais avec une nation entière en jeu. C’est le niveau de tension (sans parler de l’humour, du jeu et des dialogues) que vous allez trouvez dans la série The Regime sur HBO. On y retrouve le producteur Will Tracy, dont les crédits comprennent The Menu et Succession, et Kate Winslet, qui joue le rôle de la dirigeante d’un pays européen sur le point de s’effondrer.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation de HBO, DR1 et HBO
Vous aimerez peut-être aussi…
Encore de la politique avec brio dans le psychodrame Borgen - Une femme au pouvoir, centré sur la première femme Premier ministre du Danemark : la cruauté et le cynisme de Veep ne seraient pas appropriées aux fêtes de fin d'année s’il n'y avait pas la poésie en plus ; revenez au « -gate » original avec Robert Redford et Dustin Hoffman dans Les hommes du président ; quant à Tom Hanks, il sort le grand jeu et dégaine un charme parfaitement louche à Washington dans La guerre selon Charlie Wilson. Plus scandaleuses encore que la corruption politique d'American Bluff, sont les coupes de cheveux et peut-être quelques-unes des robes de Jennifer Lawrence, flanquées de costumes tout aussi époustouflants portés par Bradley Cooper, Christian Bale et Jeremy Renner, qui complètent le casting. Bernardo Bertolucci et son collaborateur, le directeur de la photographie Vittorio Storaro, sont au meilleur de leur forme et déploient les sommets de l’intrigue fasciste italienne, dans Le conformiste ; le biopic politique prend une tournure épique, avec l’aide de Sir Ben Kingsley et Candice Bergen, dans Gandhi, le film oscarisé de Richard Attenborough.
Guerre et paix
Pourquoi aimons-nous regarder des films de la Seconde Guerre mondiale pendant les fêtes ? Il est peut-être plus facile de suivre un conflit binaire : deux camps ; le bien et le mal ; le bon et le mauvais. Il est possible aussi que pendant les fêtes de fin d'année, bien installés dans notre confort et entourés de notre famille, nous nous sentions particulièrement éloignés de ces événements, ce qui rend notre gratitude d’autant plus palpable. Quelles qu’en soient les raisons, une nouvelle série documentaire, World War II: From the Frontlines, avec John Boyega en narrateur, est une aubaine pour les papas : des images d’archives améliorées mettent en lumière le conflit légendaire.
Photo publiée avec l'aimable autorisation de Netflix
Vous aimerez peut-être aussi…
Si vous préférez la fiction au documentaire, regardez Le tambour, une adaptation soignée et concise du roman de Günter Grass, lauréat du prix Nobel ; dans un style similaire, l'extraordinaire texture émotionnelle du roman Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro, adapté en film, crève l’écran avec des performances déchirantes d’Anthony Hopkins et d’Emma Thompson. Ralph Fiennes et Kristin Scott Thomas testent les limites de l’amour en temps de guerre dans Le patient anglais d’Anthony Minghella, magnifiquement adapté du roman poétique de Michael Ondaatje ; Ethan Hawke et sa bande de compatriotes épuisés et déchirés par la guerre trouvent un terrain d’entente la veille de Noël avec leur ennemi tout aussi épuisé dans Section 44 ; l’austérité, la terreur, la rigueur et la passion des résistants français sont extraordinairement captivantes dans L’armée des ombres, un film réalisé par Jean-Pierre Melville, qui a participé activement au mouvement clandestin français contre les nazis ; et Gary Oldman abandonne Gotham et offre une interprétation passionnée de Churchill pendant la crise de Dunkerque dans Les heures sombres.
Tiré de la littérature
American Fiction est l’une des satires les plus attendues de cette saison : il s'agit du Tár de 2023. Épicé, caustique et truffé d’humour, le film a pour vedette Jeffrey Wright dans le rôle de Monk, un romancier raté frustré par ses collègues écrivains noirs et l’establishment qui profite de stéréotypes offensants, une situation difficile qui remonte aux débats entre Langston Hughes et James Baldwin. Après avoir écrit un roman comme une blague en signe de protestation, Monk doit vivre avec son succès inattendu : son livre raconte une histoire à rebondissements, hilarante et grinçante et les relations complexes qui sévissent parmi les membres de l'élite culturelle.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation d’Amazon MGM Studios et de HBO
Vous aimerez peut-être aussi…
Ce film d’époque britannique est un drame romantique qui n’a peut-être jamais été aussi bien réalisé que dans l’interprétation oscarisée d'E.M. Foster : Howards End ; James McAvoy tremble et se raidit dans le rôle d’un médecin pendant le règne meurtrier d’Idi Amin dans Le dernier roi d'Écosse ; Leslie Howard et Wendy Hiller sont hilarants, ou ’ilarants comme dirait Eliza Doolittle, dans la version de Pygmalion (1938) ; les universitaires, les écrivains, les flirts de potaches et les petites villes universitaires sont tous vulnérables sous la plume de Michael Chabon, puis devant la caméra de Curtis Hanson, dans l'rrésistible et désopilant Wonder Boys, avec Michael Douglas, Frances McDormand et Robert Downey Jr. ; Everything Is Copy (Tout est copie) pour Nora Ephron, dans ce documentaire sur sa vie, touchant et amusant, réalisé par son fils ; Robin Williams et Glenn Close aident à explorer les limites et les dangers de l'art de la narration dans la remarquable adaptation du roman de John Irving Le monde selon Garpp (1982). Et une fois les enfants couchés, pourquoi ne pas terminer la soirée avec Catherine Deneuve dans Belle de Jour?
L'HEURE DE LA LECTURE
Puisque nous sommes sur le sujet de l'écriture, nous avons quelques recommandations de beaux livres pour s'évader sous les couvertures
Il est peut-être l’un des plus grands praticiens de l’impressionnisme, mais Claude Monet n’était aussi qu’un homme (compliqué). C’est ce qui ressort dans les moindres détails dans Monet: The Restless Vision, de Jackie Wullschläger, critique d’art en chef du Financial Times ; découvrez le bureaucrate par excellence et son influence infinie dans le livre de poche intitulé G-Man: J. Edgar Hoover and the Making of the American Century de Beverly Gage ; l’homme de lettres Will Schwalbe raconte en profondeur son amitié de toute une vie avec un ancien sportif universitaire et commando de marine dans We Should Not Be Friends ; des correspondances récemment découvertes construisent un nouveau portrait de Jackie Bouvier Kennedy dans Camera Girl de Carl Sferrazza Anthony ; les hauts et les bas d’une famille qui traverse la Grande Récession sont racontés de chacun de leurs points de vue dans le livre touchant et hilarant The Bee Sting de Paul Murray ; les bâtiments de la ville de New York prennent vie, avec des illustrations soignées et des détails incisifs, dans Modern New York: The Illustrated Story of Architecture in the Five Boroughs from 1920 to Present.
Sérieusement drôle
Dans le monde de la comédie, il y a de moins en moins de vrais géants, c’est pourquoi nous sommes reconnaissants envers Kevin Hart & Chris Rock: Headliners Only. Ce documentaire suit les deux maîtres du micro pendant une semaine à New York alors qu’ils se préparent pour un grand spectacle au Madison Square Garden ; ils reviennent sur les luttes et les succès de leurs débuts de carrière jusqu’à aujourd’hui, période pendant laquelle les deux hommes ont forgé un lien indéfectible. Bien plus qu’un simple récit biographique, le documentaire explore les détails de l'art de la comédie, puis prend du recul, de sorte que nous en arrivons à mieux comprendre les enjeux, depuis la façon dont une blague est construite jusqu'au rôle que joue la comédie elle-même. Mais rassurez-vous, c’est très drôle.
Photo publiée avec l'aimable autorisation de Netflix
Vous aimerez peut-être aussi…
Ayez de l’empathie pour tous les pauvres types qui ont dû rencontrer leurs beaux-parents, et vice versa, avec Mon beau-père et moi, de loin le rôle le plus drôle de Robert De Niro ; la sitcom familiale connaît une renaissance touchante et surprenante avec Pamela Adlon qui élève ses trois filles dans Better Things ; l’infiniment charmant Bill Murray a droit à une nouvelle chance de rectifier les choses, et une autre, et encore une autre, dans Un jour sans fin ; la comédie romantique loufoque a peut-être atteint son apothéose avec Indiscrétions, qui met en scène Katherine Hepburn, Cary Grant et James Stewart (que demander de plus ?) ; le jet-set après-ski et l’inspecteur Clouseau de Peter Sellers ont fait leur première et fabuleuse apparition dans le délicieux film burlesque La Panthère rose ; si les chutes sur les fesses vous amusent, regardez Le Kid, le classique de Charlie Chaplin (et découvrez l’histoire des plus grands acteurs comiques de l’ère du muet avec Chaplin vs. America, disponible ce mois-ci en librairie).
C’est vraiment arrivé (probablement)
Vous cherchez quelque chose d’un peu plus proche de la réalité ? Asseyez-vous et riez aux éclats avec le très divertissant documentaire Albert Brooks: Defending My Life, une réflexion de Rob Reiner sur la carrière du comique et du réalisateur, avec des commentaires de David Letterman, Steven Spielberg, Jon Stewart, Larry David, etc. Ou revivez la naissance du New Journalism et des costumes blancs à grands revers, avec Radical Wolfe, un regard sur la carrière de Tom Wolfe, le Maître de l’Univers de l’épopée moderne, avec des interprétations de Jon Hamm. Enfin, la série Archie porte à l’écran l’histoire vraie d’Archibald Leach, mieux connu sous le nom de Cary Grant.
De haut en bas, photos publiées avec l’aimable autorisation d’ITV, de Getty Images et de Paramount Pictures
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Le chic n’a jamais été aussi radical que lorsque le Studio 54 régnait sur l'univers des clubs, et son ascension et sa chute sont racontées avec des détails saisissants dans le documentaire du même nom de Matt Tyrnauer ; des hauts et des bas plus dramatiques (ceux du baron new-yorkais de la drogue Frank Lucas) prennent vie avec un brio incroyable (Russell Crowe et Denzel Washington !) dans American Gangster de Ridley Scott ; les hauts et les bas d’une autre scène de fête, et de son mécène au XVIIIe siècle, sont revisités avec sensibilité et sensualité par Sofia Coppola dans Marie Antoinette ; attachez votre ceinture pour suivre l’histoire épique que raconte Warren Beatty sur les aspirations politiques et la désillusion du journaliste de gauche John Reed et de Louise Bryant, relevées d'une bonne pincée de romantisme, dans Reds ; Mozart, la rock star originelle, boit et joue de la musique dans Vienne avec sang-froid, au grand dam d’un rival envieux, dans le somptueux Amadeus de Miloš Forman ; la crise financière de 2008 est expliquée, et racontée à l'écran, dans The Big Short : Le casse du siècle ; et Johnny Cash a droit à un film biographique exceptionnellement bien conçu dans Walk the Line.



